Quelles sont les règles des débats philosophiques dans l’Inde ancienne?

Quelles sont les règles des débats philosophiques dans l’Inde ancienne?


Les logiciens et philosophes indiens ont été impliqués dans les débats philosophiques de l’Antiquité. Ils ont établi des règles non seulement sur la manière de conduire et de réglementer un débat, mais également sur l’éligibilité d’une personne à y participer.

Quels sont les différents types de débats philosophiques acceptés par les systèmes philosophiques indiens?

Quelles sont les différentes règles pour réguler un débat philosophique selon l’ancienne école de pensée indienne?

Veuillez citer les règles et les références du débat de toute Écriture authentique ou commentaires d’acharyas?

Réponses


 Anonymous

Les logiciens indiens ont établi des règles pour réglementer la méthode de conduite d’un débat ainsi que l’éligibilité d’une personne.

Ces règles suivent de près le système Nyaya.

Une personne qui n’accepte pas les pramanas, les prameyas et la distinction entre sa propre position et celle de l’adversaire n’est pas éligible au débat.

« na vAde sunya vAdinaha adhikAro anupAyatvAt » (Vedartha sangraha de Sri Ramanujacharya. Cela visait principalement les bouddhistes madhyamika)

Il est vain de tenir une discussion sur des questions d’ordre philosophique avec une telle personne car, en l’absence de normes établies et acceptées pour une discussion significative, aucune vérité ne peut être établie.

Si une personne n’est pas éligible à un débat, comment peut-on engager une discussion significative avec elle?

L’admissibilité ou non à un débat est décidée par une personne impartiale qui préside le débat (Madhyastha)

Si la personne qui préside le débat prend la parole sans être impartiale, la discussion doit être terminée. En fait, il ne faut pas engager de débat avec une personne inadmissible.

Le point à noter est que si une discussion est tenue avec l’autre partie, qui n’est pas éligible pour le débat, cela revient à ce que l’adversaire inéligible soit accepté pour le débat et en tant que tel, le différend gagne l’éligibilité au débat.

Qu’un tel opposant inéligible au débat ne lui soit communiqué que par l’intermédiaire d’un disciple

(Swami Vedanta Desika dans Satadhusani khathanadhikara vada)

Lorsque deux personnes ou parties ayant une différence d’opinion sur un sujet phisophique conviennent de tenir une discussion, cela s’appelle «katha» ou discussion philosophique. (Swamy Vedanta Desika dans Satadhusani Chapitre 4 – « paraspara viruddha vAdinor vyavahAraha katha »)

Ce «katha» est de trois types:

Vada: C’est une discussion philosophique dont le seul objectif est de vérifier la vérité en adoptant les canons de logique et de pramanas mutuellement acceptés. Ce n’est pas dans le but égoïste de sa propre victoire.

Kalpa: Il s’agit d’une discussion visant à établir sa propre position en réfutant le point de vue de l’adversaire dans le but de remporter sa propre victoire.

VitandA: Cet argument est adopté uniquement pour réfuter l’adversaire sans établir sa propre position.

VitandA est à nouveau divisé en deux

(a) vitarAga vitandA – Cette discussion est menée sans passion dans le but de la bonne cause.

b) vijigisu vitandA – Cette discussion a pour seul but de réfuter les vues de l’opposant.

Même ceux qui recourent à des arguments de type vitandA sont tenus d’accepter certains principes, même si les parties ne se préoccupent pas de l’établissement de leurs propres théories. Sinon, ils deviennent inadmissibles à la discussion. (Swami Vedanta Desika dans Tattva Mukta Kalapa Chapitre 4-63)

Gautama, l’exposant du système Nyaya, a décrit 21 sortes d’erreurs appelées « nigraha sthanas ou points de défaite des opposants ». (Nyaya Parishuddhi de Swami Vedanta Desika)

Celles-ci visent à mettre en évidence le manque de bonne compréhension du sujet en discussion. Parmi ceux-ci, le défaut le plus grave est de ne pas avoir la capacité de comprendre l’erreur, et, même si l’on avait une telle capacité, de ne pouvoir soulever aucune critique (asiddhi). Le premier est connu sous le nom de « jAti » et le second sous le nom de « chala ».

« JAti » fait une déclaration contre ses propres mots (sva-vyAhatA vAk), auto-contradictions.

Encore une fois, il s’agit de trois types: (a) yukta tyAgaha – déclarations auto contradictoires impliquant le rejet de ce qui est essentiel. (b) ayukta grahanam – Acceptation de ce qui est sans importance. (c) Avisaye vrittih – Tenter de prouver ce qui est impossible.

« Chala » signifie comme une tentative pour imputer un sens différent aux mots exprimés autres que celui voulu et sur cette base pour critiquer l’argument. Par exemple, «nava kambola yam» signifie en fait la personne portant une nouvelle couverture. Le mot «nava» signifie également neuf et en attachant ce sens, on prétend qu’il n’y a pas neuf couvertures mais une seule couverture. Il existe différents types de «chalas»

Le principe le plus important à observer est qu’en conduisant la discussion, tout le monde devrait accepter les pranamas. Sinon, cela n’aidera pas à prouver sa propre position ni à réfuter celle de l’adversaire. Tout ce qui est dit doit faire autorité. Ce sont les pré-requis d’un vada ou d’une discussion.

Quelques autres principes sont:

Les deux parties doivent faire attention aux déclarations qu’elles font.

(A) Si l’un fait une erreur en faisant une déclaration erronée, l’autre partie doit lui en faire part rapidement. Si, au contraire, l’autre partie se tait, elle sera traitée comme une déchéance de sa part.

(B) Si les deux font des erreurs, ils ont chacun trois chances de se corriger. Cela s’appelle «satpakshi» ou six chances, trois pour chacune. Dans les trois chances, celui qui se corrige plus tôt remporte la victoire. Si les deux ne se corrigent pas dans les trois chances, le président devra suspendre la discussion. (Swami Vedanta Desika dans Tattva Mukta Kalapa Chapitre 4-66)

(Le contenu provient d’un livre intitulé « Fundamentals of Visistadvaita – Based on Tattva Mukta Kalapa of Swami Vedanta Desika » de l’auteur SMSrinivasachari)

 

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